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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 22:11

 

Salut à toutes et à tous…

 

Des nouvelles du virus, dit le pirate.


Il s'accroche ferme, le bougre! Néanmoins, les spectateurs avertis décèlent une légère, très légère amélioration… Lente, graduelle, homéopathique, presque souterraine. Un peu comme poussent les tomates dans le jardin ou les enfants quand ils dorment…

 

La bonne nouvelle, c'est que j'ai pu recommencer à travailler! Lentement, graduellement, homéopathiquement mais VRAIMENT ! Bon, à raison de 2 heures de travail pour 1 heure de repos, la fin du volume 2 risque de me prendre quelques lunées…

 

Sérieusement, disons que les 2/3 du livre sont écrits. Reste le dernier tiers. Celui de tous les dangers, quand, évidemment, les choses s'emballent, les personnages s'enflamment et des trucs inattendus, à faire hérisser poils et cheveux de l'écrivain derrière son ordi, s'enchaînent… Mais je garde le cap, je tiens la barre et mon œil droit de pirate, grand ouvert, veille…

 

Et puis, je compte avec votre soutien, et ça, ce n'est pas rien !

Merci pour vos messages de soutien. Si vous saviez comme ils sont importants…

Pardon, de ne pas y répondre un par un. Je pensais que je pourrais, mais non.

 

Ce qui est sûr, c'est que ce n'est qu'une question de patience —ma vertu majeure, comme vous pouvez l'imaginer :-) et de temps… Ah, le Temps ! Il a ses caprices, ses surprises, ses raisons, comme les virus, les tomates dans le jardin et les enfants qui dorment…

 

je vous embrasse !

Pauline Alphen

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 22:00

Bonjour à toutes et à tous !

 

Cela fait trop longtemps que je ne vous écris pas, je sais…

J'attendais de comprendre un peu ce qui m'arrivait avant de vous en parler.

 

En rentrant des Salons, de toutes ces belles rencontres, je me suis retrouvée un matin avec le côté droit du visage paralysé. Cela fait  11 jours aujourd'hui. J'ai fait les examens nécessaires et il s'avère que ce n'est RIEN DE GRAVE. Un virus  qui passait par là, et trouvant le terrain fertile —fatigue— est venu attaquer mon nerf facial.

 

Dans la pratique, qu'est-ce que ça veut dire? Que j'ai le côté droit du visage immobile et lisse, avec un œil grand ouvert qui ne veut pas entendre parler de se fermer. Et, je dois le reconnaître, la bouche un peu tordue quand je ris, ce que je fais quand même le plus possible.

 

Cela veut dire aussi —c'est plus embêtant— que je ne peux pas conduire et que —ça, c'est carrément pénible— que je dois me servir de mon œil le moins possible, l'idéal serait qu'il reste fermé, c'est à dire scotché. Cela me donne un air de pirate pas dégueu mais… lire et écrire d'un seul œil, c'est difficile et fatigant.

 

Conclusion?

1) ne vous inquiétez pas, mon visage va retrouver sa mobilité même si personne ne peut dire quand.

2) vous allez peu me lire sur ce blog car je vais réserver le peu de temps où je peux travailler à terminer Les Eveilleurs II en priorité et à répondre à vos messages dans la mesure du possible.

3) je sollicite votre compréhension et votre patience si je ne le fais pas aussi bien et aussi rapidement que d'habitude.

4) j'espère de tout mon cœur que vous aurez la patience d'attendre la sortie du second volume même s'il paraît un peu plus tard que prévu.

 

En fait, cela dépendra du temps que ce virus se baladera dans ma tête. Quand il en aura marre, il ira voir ailleurs et la laissera à nouveau totalement libre pour travailler, regarder et rire sans entrâves. Pour le convaincre, je réfléchis le moins possible :-) pour que cela ne l'excite pas et je dors le plus possible pour qu'il se lasse.

 

Je vous dis tout ça parce que maintenant je sais que cela risque de durer un certain temps et que je vais vraiment avoir besoin de votre soutien: écrivez-moi quand même et SURTOUT ne lâchez pas Les Eveilleurs ! Jad, Claris, Ugh et Ellel, tous, qui piaffent d'impatience derrière mon œil de pirate, ils ont besoin que vous les aidiez à attendre…

 

Quant à moi, je vous embrasse et vous dis A BIENTÔT

Pauline Alphen

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 20:29


Bonjour à toutes et tous !


Je suis rentrée hier, après 12 jours de salons et de rencontres vraiment géniaux.

Je vais vous raconter, juré craché !

Laissez-moi seulement le temps d'arriver…

Dans quelques jours, je vous écris un article digne de ce nom.


En attendant, je ne pouvais pas faire patienter Estevan qui m'a envoyé le PREMIER RECIT d'un lecteur dans l'univers des Eveilleurs!


Bravo Estevan et merci d'avoir eu le courage de te jeter à l'eau!

 

Lisez-le dans la rubrique "pages" sous le titre formidable de "Les humains préfèrent la Terre".

N'hésitez pas à réagir à son récit.

J'écrirai moi-même à ce sujet au plus vite.

Je répondrai également à tous vos commentaires, bien sûr.

Donnez-moi seulement quelques jours…

 

A tout bientôt !

Pauline Alphen

 



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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 23:17

 

Merci à toutes et tous pour vos témoignages d'amitié suite à l'annonce du Prix Imaginales des Collégiens.

Hasard, synchronicité? La semaine a été particulièrement fructueuse.

Je vous raconte…

 

Je crois vous avoir dit quelque part que j'avais PLEIN de bonnes idées sous la douche.

L'eau, le bruit de l'eau, l'odeur du savon —que je ramène du Brésil et qui me fait penser à mon pays—, l'eau reçue sur la tête, dégoulinant par la nuque puis tout le corps… Comme si l'imaginaire se fluidifiait et… coulait de source !

Le fait est que j'ai TOUJOURS de bonnes idées sous la douche !

Maligne, j'y emmène un carnet dans lequel je note les idées avant qu'elles ne disparaissent dans la tuyauterie.

 

Les idées sous la douche ont leurs particularités: généreuses, foisonnantes, prolixes même, mais rapides, impatientes, insaisissables. Et surtout, une fois l'eau éteinte, la douche finie, ces idées-là refusent de remonter à la surface consciente du cerveau. Elles sont définitivement liées à l'élément liquide, c'est comme ça —non, non, ça ne marche pas avec le whiskey!—

 

Le carnet me permet d'en sauver quelques unes mais ce n'est pas très pratique: arrêter l'eau, s'essuyer la main, choper le carnet, noter en évitant de mouiller le papier, les idées ont le temps de se faire la malle…

 

Alors, j'ai découvert… le dictaphone ! J'ai échangé mon portable paléolithique qui n'envoyait même pas de SMS contre un portable efficace et, parmi de multiples gadgets, il y a un dictaphone ! Génial le dictaphone sous la douche ! Le pied ! Beaucoup plus rapide ! Même en écrivant vite, la vitesse de la pensée est plus proche de celle de la parole que l'écriture. En flux tendu, en disant les idées au fur et à mesure où elles viennent, la pêche est meilleure !

 

Non, non, je ne deviens pas maboule ni complètement accro (quoique…) je viens juste de découvrir une vieille machine que beaucoup d'écrivains ont pratiquée avant moi: le dictaphone ! Je sais, je suis un peu lente, parfois, avec les machines…


Bref, vendredi matin, j'ai pris 26 minutes de notes sous la douche !

Bien sûr, j'arrête l'eau, ce qui fait de mes douches quotidiennes un loooong événement un peu en pointillés, un peu schizo et extrêmement réjouissant !

 

Si vous saviez, les idées que j'ai eues pendant ces 26 minutes de notes!
Des choses se sont vraiment mises en place. Des choses des Temps d'Avant, des choses pour après, pour les prochains livres, même pour le dernier livre de la saga ! Des détails mais aussi des lignes importantes de l'intrigue générale, l'intrigue de toute l'histoire. Clac, clac ! Comme quand on joue à la réussite sur le téléphone —décidément— et que, lorsque tout est en place et que ça va marcher, il propose "automatique" et que l'on voit les cartes se déplacer et s'emboiter à toute vitesse.
Et puis un nouveau personnage a surgi avec quelques trucs bien DINGUES qui heureusement ne viendront que dans le tome 3 ou après, ce qui me laisse le temps de réfléchir à ce que je vais en faire.


Ce qui est passionnant dans le processus d'écriture des Eveilleurs, c'est comment certaines chose ne se révèlent vraiment qu'à la fin, quand le récit arrive à un certain dénouement —il faut que je m'en souvienne la prochaine fois que j'angoisserai parce que ça n'avance pas—.

 

Ça ne sert vraiment à rien de presser les choses, de poser des délais forcés, il faut le temps du récit et de la création. Il faut le temps de la maturation des personnages, il faut le temps des personnages tout court. Il faut le temps du doute, celui du sommeil. Il faut le temps des rêves. Il faut  ces heures innombrables devant l'ordi, à chercher, réfléchir, raturer, barrer, réécrire, froisser, jeter, vider la corbeille… Il faut les labyrinthes des dictionnaires, le crissement de la plume, le tap tap des touches, il faut le chat qui vient faire la sieste, l'écureuil qui traverse le jardin, il faut les variations Goldberg qui jouent en boucle, le bruit de la pluie et le soleil… Il faut tout ça pour que, soudain, sous la douceur des gouttes, clac clac ! les idées se mettent en "automatique" et le puzzle révèle son dessin. Son dessein…

 

Je venais de passer deux jours à ramer en ayant l'impression de tourner en rond.

Et soudain, en 26 mn: clac clac !!!

Evidemment, avec de nouvelles idées, il y a aussi de nouvelles questions, de nouveaux doutes, de nouvelles interrogations !

 

Je vous laisse méditer tout ça et m'en vais sur les routes des Salons du Livre jusqu'à la fin du mois.

Ceux qui habitent près de St Malo ou Épinal, venez me voir !

 

Prenez soin de vous et écrivez-moi !

Pauline Alphen

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 22:50


La nouvelle vient de tomber: Les Eveilleurs a remporté le Prix Imaginales des Collégiens, décerné par la ville d'Épinal !


C'est une très jolie reconnaissance, particulièrement parce que ce prix-là est décerné par les LECTEURS ! Youpi ! ! Je ne pouvais rêver mieux !


Il était déjà prévu que que je sois à Epinal du 27 au 30 mai, où je recontrerai des écoles et serais à mon poste pour les signatures. J'y recevrai donc ce prix formidable que je dédie d'ores et déjà à vous, lectrices et lecteurs, sans qui Les Eveilleurs n'auraient pas lieu d'être !


Trop bien…


Je vais prévenir les personnages avec qui je me suis bagarrée toute la journée pour les faire tenir dans un tableau, sous chapitre par sous-chapitre, dans l'espoir de leur arracher ce qu'ils ne veulent pas me dire ! Cela les amadouera peut-être !

 

Et, éventuellement, cela vous inspirera : j'attends toujours vos textes !

 

A bientôt et dormez bien…

Pauline Alphen

 

PS J'ai enfin réussi à mettre quelques images sur le blog. Si vous voulez avoir une idée du lieu où je concocte Les Eveilleurs…

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 09:36

 

Ben alors?

Vous ne m'écrivez plus?

 

D'accord, je crois que je viens de piger une nouvelle loi tacite du blog: si l'auteur du blog n'écrit pas, les lecteurs non plus !

Même pas drôle…

 

Je n'écris pas, c'est vrai.

Mais je n'écris pas parce que… j'écris !

C'est tout simple.

 

Je suis dans Les Eveilleurs 2, "au fond de la caisse" comme dirait ma fille qui aura 6 ans demain…

Je suis avec Claris dans des lieux improbables où je la rejoindrais volontiers, mais…

Avec Jad dans des lieux rêvés où j'irais bien me balader, mais …

Avec Blaise, Maya, Blanc Faucon, Elell, Merlin…

Ça fait du monde !

Les personnages ont chacun leur tempérament, leurs velléités, leurs désirs et leurs contradictions.

Il faut les écouter tous, les concilier, les nourrir, attendre qu'ils veuillent bien répondre, grandir…

 

Si vous êtes trop pas contents parce que je ne suis pas une blogueuse à la hauteur du "maintenant-tout-de-suite-tout-le-temps" exigé de nos jours, vous pouvez toujours aller voir vous promener sur le site des collègues.

 

Je vous recommande un site et un auteur que j'aime beaucoup: Jacques Cassabois. Formidable ce site: simple, élégant, efficace, imaginatif…

 

http://www.jacquescassabois.com

 

Allez, faites pas la tête, écrivez-moi !

 

Et joyeux 1er mai !

Pauline Alphen


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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 22:18

INFO POUR CEUX QUI M'ONT ENVOYÉ UN MAIL PAR L'INTERMÉDIAIRE D'OVERBLOG:

 

JE PEUX LES LIRE MAIS JE NE PEUX PAS VOUS ENVOYER UN MAIL DE RÉPONSE PARCE QUE VOTRE ADRESSE NE M'EST PAS COMMUNIQUÉE.

 

IL VAUT DONC MIEUX QUE VOUS M'ÉCRIVIEZ SUR LE BLOG.

 

AINSI: LÉA, GUYLAINE ECKSTEIN, NATACHA, LENGLET ET RESHEF, VOILÀ POURQUOI JE NE VOUS AI PAS RÉPONDU ! MERCI POUR VOS MAILS.

 

ECRIVEZ-MOI SUR LE BLOG SI VOUS LE DÉSIREZ, JE RÉPONDS TOUJOURS !

 

A BIENTÔT

P.A.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 22:59


Bonjour !


Je reviens de quatre jours à Bordeaux, où je suis allée sur l'invitation de l'Escale du livre.

J'y ai signé des livres et rencontré des classes.

C'est de ça dont j'ai envie de vous parler aujourd'hui: des lecteurs.

 


Imaginez…

On passe des heures, des mois, des années à concevoir des personnages, peaufiner un univers, échafauder une intrigue, écrire des milliers de mots, les effacer pour en écrire d'autres, en perdre le sommeil, en rêver la nuit, avoir des doutes, reprendre confiance, s'envoler, patauger…


Le livre paraît et, grâce à la magie des Temps d'Avant, on peut établir un contact avec les lecteurs, un contact virtuel mais tellement précieux.


Et puis, un jour, au détour d'un salon, une toute jeune fille, habillée en vert avec une robe des Temps d'Après affirme : "Je suis Chandra" et tout devient clair, s'emboîte, se justifie. Soudain, tout devient PALPABLE.


A Bordeaux, j'ai entendu mon texte récité, chuchoté, exclamé, chanté. J'ai entendu, joué au violoncelle par une autre très jeune fille, "la chanson de Sierra" qu'une prof de musique généreuse et inspirée a composée. A Bordeaux, j'ai vu de mes yeux vu les Abdiquants danser la Macarena ! Si, c'est vrai, juré, craché !


A Bordeaux,  j'ai vu des dizaines d'yeux, garçons et filles, briller d'intelligence, de curiosité, d'humour, d'intérêt.

 

Alors j'ai vraiment envie de les, et de vous remercier, vous lecteurs qui à partir de mon voyage m'offrez les vôtres. Et de dire comme Sierra:



"Lorsque le Nomade de l´Écriture a fini d’écrire le livre,
 son voyage est terminé.
Commence alors le voyage du Lecteur.
Le Nomade met fin à son périple pour que le Lecteur commence le sien.
C’est un don que les Lecteurs lui rendent au centuple, puisqu’en retour chaque Lecteur lui offre son voyage personnel."


"Le Lecteur avale le livre, l’intériorise, le transforme, le digère, le fait sien.
Le Vrai Lecteur est un cannibale!"

 

A bientôt !

Pauline Alphen

 

 

 

 

 


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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 22:19

Bonjour,

 

Je reçois beaucoup de questions sur le métier d'écrivain. L'autre jour, une ado de 14 ans, lors d'une séance de signatures m'a montré un classeur avec ses poèmes en me disant qu'elle voulait devenir écrivain. Il faut beaucoup de courage et de désir pour montrer ses textes à une parfaite inconnue. C’est en pensant à elle et à tus ceux qui se posent les mêmes questions que j’ai repris en partie une réponse faite à Olivia qui, je l'espère, ne m'en tiendra pas rigueur.

 

-------------

 

Le métier d'écrivain. Voilà un sujet qui me tient particulièrement à cœur.
Tout d'abord, en est-ce un?

Si un métier est ce qui nous permet de gagner notre vie, il faut répondre "non". Seulement 40 écrivains en France vivent de leur plume. C'est très peu si l'on sait qu'à la rentrée 2009, 430 romans français étaient annoncés —et cela n'inclut pas la littérature jeunesse!—.

L'écrivain n'est pas payé pour son travail. Il est payé en droits d'auteur, c'est à dire qu'il gagne un pourcentage qui varie généralement de 5 à 10% sur le prix de vente du livre en librairie. L'écrivain n'est pas non plus intermittent du spectacle, il n'est pas dédommagé pour le temps passé à la création de son livre. Qu'il passe 10 jours ou 10 ans à écrire un livre, c'est pareil, puisque son travail n'est pas rémunéré. En gros, il ne s'en sort que s'il vend BEAUCOUP de livres. Un drôle de système. Enfin, drôle n'est pas le mot…

Alors, bien sûr, je comprends ce que veulent dire les adultes qui déconseillent à leurs enfants de choisir ces "métiers impossibles": écrire, dessiner. Ils n'apportent aucune certitude de succès —mais n'est ce pas vrai de tous les choix?— ni de revenus.
La plupart des écrivains ont donc un autre métier qui leur permet de gagner leur vie. Ils sont journalistes, ou traducteurs, instituteurs, professeurs et bien d'autres encore…

Bernard Lahire, chercheur au CNRS,  a consacré à ce sujet une étude formidable: "La condition littéraire - La double vie de l'écrivain" (Editions La Découverte). Il y dresse un portrait très complet de cette réalité.
Il écrit: "Les écrivains sont les maillons les plus faibles de la chaîne que forment les "professionnels du livre". A la différence des ouvriers, des médecins, des chercheurs ou des patrons, qui passent tout leur temps de travail dans un seul univers professionnel et tirent l'essentiel de leurs revenus de ce travail, la grande majorité des écrivains vivent une situation de double vie: contraints de cumuler activité littéraire et "second métier", ils alternent en permanence temps de l'écriture et temps des activités extra-littéraires rémunératrices".
Si l'on y ajoute une vie de famille et le fait que les enfants sont majoritairement à charge des femmes dans un couple, on arrive à un autre constat: les écrivains sont majoritairement des hommes (68,2%)

Tout ça n'est pas très encourageant.
Oui, c'est la réalité, et la raison veut que l'on dise aux apprentis écrivains ou peintres: être écrivain ou peintre n'est pas réalisable, c'est un métier impossible.
Pourtant les écrivains existent ! Chacun aurait certainement une histoire différente à te raconter et chacune serait source d'idées et d'exemples. Je vais vous raconter la mienne:

A 16 ans, au moment de faire des choix professionnels, je savais déjà que je voulais écrire. Et bien évidemment, on me disait que je n'en vivrais pas. En outre, il n'y a pas d'école d'écrivains. Si on veut devenir peintre, il y a les Beaux-Arts, si l'on veut être comédien, il y a des écoles et des cours de théâtre à foison, pour les danseurs aussi… Mais pour les écrivains, il n'y a rien. On n'apprend pas à écrire dans une fac de lettres. A analyser, critiquer, connaître la littérature oui, mais pas à écrire. C'est un peu pour ça que j'ai créé les Nomades de l'Écriture parce que j'aurais adoré aller dans une école ou une fac où l'on m'aide à apprendre mon métier. Parce que je ne partage absolument pas l'avis de ceux qui disent qu'écrire ne s'apprend pas. Mais ça, c'est le sujet d'un autre article…

Bref, j'ai donc choisi un métier qui semblait se rapprocher le plus de l'écriture et correspondre à mon tempérament. J'ai fait une fac de journalisme et une fac d'histoire. Munies de ces deux diplômes, j'ai commencé à travailler dès ma sortie de l'université et, un peu plus tard, j'ai découvert un second métier: traductrice.

Pendant longtemps, je travaillais tout le temps et ce n'était pas toujours facile mais je payais mes factures. Le journalisme et la traduction m'ont effectivement permis de gagner ma vie et ce n'est pas rien.

Pendant toutes ces années, je continuais d'écrire. J'écrivais dans les marges de ma vie: la nuit, les week-ends, pendant les vacances… Je grignotais du temps dans le bus, dans le métro… J'écrivais sur les miettes de temps que me laissait la fameuse réalité.
Quand j'ai publié mon premier livre au Brésil, en 1998, j'avais des milliers d'heures d'écriture derrière moi, et des douzaines de textes dans mon ordinateur. D'autres livres ont suivi, un tous les 3 ans, toujours écrit sur les miettes de temps. Je ne pouvais pas m'atteler à des projets plus complexes. Je ne pouvais pas, par exemple, m'attaquer aux  Eveilleurs, seulement prendre des notes.

Le problème, c'est que le temps passait. Le temps passait et la pression interne était de plus en plus douloureuse. Je voulais consacrer plus de temps à l'écriture. Je voulais lui faire quitter les marges et la mettre au cœur de ma vie, qui était sa place. Un sentiment profond d'insatisfaction me taraudait en permanence. Mais comment faire?

La réponse est arrivée sous forme d'un grand chambardement —les grands chambardements sont souvent fructueux!—. J'ai pris un virage, quitté Paris pour suivre mon compagnon dans le sud et je me suis retrouvée au chômage.
J'avais 18 mois d'indemnités. J'ai décidé de les passer à écrire. Et tant qu'à faire, de les consacrer à un projet "impossible", irréalisable et déraisonnable: celui des Eveilleurs.
Ensuite, la chance s'en est mêlée et le projet a trouvé un éditeur. Je me suis consacrée à l'écriture du tome 1. Ecrire à temps complet ! Mon rêve…
Le livre que vous avez lu est le fruit de deux ans de travail incessant. Et de bonheur.
La réalité n'ayant pas disparu pour autant, si les lecteurs continuent au rendez-vous, je pourrais poursuivre, sinon… on verra.

Je voulais donc dire ceci: si vous voulez écrire ou dessiner, si cela vous hante, vous poursuit, si cela peuple vos nuits, vos rêves et vos désirs, vous le ferez. Même si cela implique faire autre chose pour gagner votre vie.
Et si ce blog peut vous y aider, alors tant mieux !

 

BON DEBUT DE TEMPS VERT A VOUS !

Pauline
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 22:13

J'ai une proposition à vous faire !

J'y pense depuis un bout de temps, je n'arrête pas de le tourner dans ma tête, et c'était l'une des raisons qui m'a poussée à ouvrir ce blog…
Alors comme je ne trouverai jamais le temps idéal pour faire les choses par-fai-te-ment, autant se lancer…

J'aimerais vous inviter à écrire des textes (libres!) dans l'univers des Eveilleurs.
Que vous, lecteurs, deveniez l'espace d'un instant l'auteur.

Les textes devront mettre en scène un ou plusieurs personnages du volume 1 des Eveilleurs et aborder un thème, un épisode ou un éclairage singulier.
L'idée est de vous immiscer dans l'intrigue du livre, vous en approprier.
Approcher les personnages et l'histoire à votre façon.
Écrire une scène que vous avez imaginée,
qui vous aurait manquée, que vous auriez aimé lire, qui est passée sous silence dans le volume 1…
Le texte ne devra pas dépasser 15 000 caractères.

Bien entendu, les personnages et l'intrigue doivent rester cohérents avec ce que vous savez d'eux.

ATTENTION, il ne s'agit pas d'écrire la suite du volume 1 !
Mais bien d'écrire "à l'intérieur" du livre que vous avez lu.

A part cette restriction et la nécessité d'une cohérence avec Les Eveilleurs 1,
vous êtes libres.
D'inventer d'autres personnages pour interagir avec les personnages du livre.
D'en éliminer (glups!).
D'imaginer d'autres décors.
D'expliquer ce qui ne l'a pas été…

Il ne s'agit pas d'un concours, pas de prix, pas de note.
Mais tous ceux qui vous liront, participants inclus, pourront voter pour le ou les textes qu'ils ont aimés. —Il faut juste que je goupille une façon de faire ça, si quelqu'un a une idée…—
Et, bien sûr, les commenter !!

Alors, qu'en dites-vous?
Moi, j'adorerais vous lire…

P.S. Je mets ce texte en mode "page" également pour qu'il reste facilement accessible.

A bientôt !
P.A.




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