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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 14:44

Image-copie-3.jpgChut…

Approchez-vous…

Je vais vous raconter l’histoire d’un livre…

 

Un jour parmi les jours, une fille est allée au Sri Lanka pour son travail.

Elle en a profité pour visiter un orphelinat d’éléphants : paf ! coup de foudre.

Comme ce n’était pas loin, elle a fait un saut en Inde : tzin ! rencontre.

 

La même année —c’était une fille qui avait la bougeotte— elle s’est promenée à Istambul. Elle a vu les palais, le souks aux épices et aux lampes magiques, elle a vu le harem de Topkapi : vlan ! stupéfaction.

 

En Inde, la fille se casse la jambe. Elle est rapatriée d’urgence mais heureuse, absolument heureuse, pleine de paf de bang et de vlan et de tzin —très importants les tzin, on sous-estime trop leur influence—.

 

Et puis, ceci en entraînant cela, elle tombe amoureuse. Elle glisse amoureuse. Elle chavire. Elle succombe. Un amour surprenant. Atypique. Impossible. Un amour, quoi.

 

Résumons-nous : elle est émerveillée (voyages), immobile (trois mois de plâtre), chavirée (amour), révoltée (impossible)… Alors, elle réunit le tout. Tous les voyages, tous les amours pour raconter une histoire. Qui rendrait tous les amours impossibles possibles. Une bonne fois pour toutes, histoire de passer à autre chose.

 

Elle ne pense pas à un livre, pas du tout. L'écriture est depuis toujours son port intérieur, alors elle écrit. Elle respire, elle écrit, c'est très simple. Elle veut raconter une histoire qui occuperait son immobilité —c’était une fille difficilement immobile—, qui consolerait son amour, qui la ferait voyager.

 

Elle travaille le texte comme pour ses poésies : interminablement, le laissant reposer, le reprenant, une maille à l’endroit, une à l’envers, une en l’air, l’autre en mer… Elle n’est pas pressée. Elle découvre l’infini labyrinthe de la prose. Elle s’amuse, elle s’envole…

 

Puis, parce que les voies de l’univers sont impénétrables, cette histoire devient un livre. Son premier livre. Glups ! révélation.

Il est publié dans le pays où elle est né. Brésil, ce nom…

Il est petit, rouge, léger, Matissé, aimé, il fait 99 pages.

 

Un livre en appelant un autre, d’autres suivent…

D’autres livres. D’autres amours. D’autres voyages.

Le temps passe. Mais une chose ne passe pas : l'odalisque, l'éléphant, le sultan sont toujours là. Ils lui murmurent que l’histoire n’est pas finie. Tapis, ils attendent. Tranquilles, ils savent.

 

Le temps qui sait mieux que nous le quand de toute chose glisse sur l'histoire comme Leila sur ses babouches... La fille en profite pour traverser l’Atlantique, dans un sens puis dans l'autre et encore, et traduire l’histoire dans une autre langue —c’était une fille qui aimait le vertige—.

 

Tout cela dure des années et des années…

 

Un jour parmi les jours, une éditrice lit la traduction. Paf ! Rencontre.

D'autres livres éclosent, d'autres histoires se tissent…

L'Odalisque attend toujours, lisant dans la tour, découvrant le harem et les inextricables voies de son propre cœur.

Le Sultan roupille.

L’Éléphant travaille à surmonter les obstacles, réveiller les désirs.

Car il manque encore quelque chose, il manque quelqu’un.

Et puis, une nuit parmi les nuits, la fille rencontre l’illustratrice. Tzin ! Evidence.

 

Le Sri Lanka, l’Inde, Istanbul c’était en 1992.

La publication au Brésil en 1998.

La rencontre avec l’éditrice en 2006.

La rencontre avec l’illustratrice en 2013.

 

Aujourd'hui, la fille —qui est devenue une femme il faut bien le dire— tient en main ce livre parmi les livres.

Il a quelque chose de nacré, de doré, de lumineux.

De grand et de petit.

Il est lourd mais léger.

Il raconte tous les paf les bang les tzin.

Il porte le travail d’autres filles qui l’aiment et même de certains sultans.

Il est éléphantesque, tout simplement.

 

Le temps fait une pause pour regarder l'odalisque se balancer dans la trompe de l'éléphant, le sultan dormir, l'or et les roses... Le livre s’ébroue, il va parler…

 

Chut…

Approchez-vous…

Il est à vous…

 

 

P.S. Dans le rôle de l'éditrice: Cécile Terouanne.

Dans le rôle de l'illustratrice : Charlotte Gastaut.

Dans le rôle de la fille: Pauline Alphen.

Dans toutes les librairies : le 5 mars 2014.

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Published by Pauline Alphen
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commentaires

trafic oganique 10/10/2014 15:37

Vos mots ont un vrai pouvoir ! Bravo

Pauline Alphen 03/02/2015 22:25

Le pouvoir des mots... Oh oui... Il faut y faire attention...
Bonne année !

Ben 10/08/2014 23:58

ISBN 9782012043350 : Sortie le 18 juin 2014.

A mon avis, la date est largement dépassée...

Plus sérieusement maintenant :-)

Je suis Ledru Benjamin et actuellement en vacances (les joies de l'enseignement). Je suis âgé de 27 ans et je prépare la rentrée de septembre avec la plus grande joie.

J'ai eu le plaisir de lire vos premiers romans de la "saga" les éveilleurs. Au début, je l'ai fait par obligation pour mes élèves, mais rapidement, je suis devenu "FAN" ;-)

Aujourd'hui, j'espère pouvoir présenter Salicande aux enfants de ma classe dans notre si petit pays : la BELGIQUE (vive les belges du forum au passage).

De plus, je suis ce que l'on peut appeler un "testeur" de romans que les plus grands auteurs m'envoient. Pour vous donner un aperçu, je n'en citerai que 3 parmi les 37 auteurs : Levy, Musso,
Stephen King, ...

En échange d'un ouvrage envoyé (à chaque sortie de roman), je me charge (avec ma classe si le roman convient à l'âge des enfants) de promouvoir ce roman :

- A l'établissement scolaire (800 élèves de 12 à 18 ans)
- Indirectement aux parents
- Sur une page Facebook comptant près de 8000 followers
- Et tout simplement du bouche à oreille
- Sur Amazon.fr dont je fais partie du club des testeurs avec plus de 800 achats provoqués sur roman au cours de cette année.

Arrêtons les modalités en ce message et veillez prendre en compte cette proposition. Si vous acceptez l'envoi de vos futurs romans gracieusement quelques jours avant la sortie officielle (ou bien
moyennement un paiement), je (ou nous) me chargerai de promouvoir indirectement votre ouvrage. Bien évidemment, à votre demande, ce roman vous sera restitué par envoi postal à mes frais (sauf si
paiement bien évidemment).

Mais pourquoi vous rendre ce service ?

Aujourd'hui, plus personne n'arrive à apprécier un roman (en tout cas 99% des jeunes Belges ne lisent plus et préfèrent la télévision). A travers mes actions, je tiens à revaloriser le "papier" et
développer ainsi des compétences essentielles : l'autonomie, l'imagination, le vocabulaire et bien d'autres encore.

Si vous décidez de ne point accepter cette demande, je vous prierai de bien vouloir accepter mes félicitations pour vos romans en espérant qu'ils seront encore très nombreux.

Pauline Alphen 03/02/2015 22:35

Ledru Benjamin, bonjour !
Et pardon pour cette réponse terriblement tardive ! Petit pays, la Belgique? En tout cas j'y suis toujours chaleureusement accueillie. Heureusement qu'il y a encore des hommes et des femmes pour défendre les romans. Pour votre demande, il vaut mieux vous adresser à l'attachée de presse de l'éditeur, Cécile Benhamou:
bonne continuation
P.A.

Patrick Baudvin 03/08/2014 20:02

« Ramsk soit maudit ! Je croyais que Soma avait inventé cette phrase. Ce n'est donc qu'une citation ? Une phrase volée à un vieux bouquin de fantasy ?»
Les Éveilleurs, tome 4, chapitre 5, Coût et bénéfice.

Bonjour Pauline !
Je viens de terminer le tome 4 des Éveilleurs, et à ce titre j'ai tenté une expérience intéressante. Profitant d'un isolement de toute technologie en compagnie d'amis d'enfance, je les ais invités
pour se détendre à lire eux aussi les 4 tomes que j'avais emporté des Éveilleurs, ne partageant avec moi la même impression de départ que j'avais eu lors de l'acquisition du 1er tome : ce titre si
intriguant, remémorant en nous des histoires rôlistiques que nous avions d'Awakens, çàd d'Éveillés. Ainsi, nous avons pu partager notre expérience : moi avec la patience d'avoir eu plusieurs mois
entre chaque nouveau tome, eux ayant eu l'occasion de les lire les uns à la suite des autres.

En premier lieu, ils les ont dévoré tout cru. De l'aube au crépuscule, à chaque instant d'hésitation, les Éveilleurs et la quête de lecture dont nous participions en trio les ont plongé en une
vraie transe, une méditation, un voyage. Page après page, chapitre après chapitre, tome après tome, alors que je les connaissais lecteurs réticents (et plutôt amateurs de comics, mangas et BDs),
nous avions terminé notre expérience en moins de 48 heures. Il m'a donc paru intéressant de vous faire part des remarques qui en sont ressorties.

L'univers est fantastique. Un post-apocalypse avec un retour aux sources pour les régions isolées et une adaptation au manque de technologie pour les Terres plus ouvertes, avec ce mélange de magie
et de science ésotérique, voilà qui les a ravi. Par contre, il ressort de vos livres une impression de vive critique des technologies dans leurs aspects les plus négatifs, dans l'addiction,
l'isolement, la servitude. Bien que pour ma part plutôt correcte, j'ai été forcé de constater et d'admettre que la technologie des Temps d'Avant n'était pas présentée dans tout leur potentiel
positif malgré les efforts de Blaise. Au contraire, les Empathes présentent désormais de nouvelles options de partage mental fort similaires aux avancées technologiques telle que la
Totalvision.

Le récit ne semble être qu'un simulacre d'actions, qui ne se dévoilent que par petites pincées dans un océan de flegme descriptif. Si bien qu'on a l'impression que vous vous étendez, ralentissez,
rallongez le scénario. Et c'est bien normal, puisque comme l'annonçait Blaise que j'ai ironiquement cité en début de ce commentaire, les citations et les répétitions se repèrent, même avec une
mémoire vive défaillante. Un copier/collé faussement déguisé derrière quelques rajouts ou suppressions de quelques mots, de plusieurs passages clés du récit (comme par exemple les SilentArms ou
bien la tour du château de Salicande) paraissent bien inutiles, puisque s'ils sont là pour rappeler le lecteur, chaque tome dispose en ses dernières pages d'un lexique de plus en plus fourni sur
les éléments importants (riche idée qui n'est donc pas complètement exploitée). Toutefois se servir d'éléments culturels contemporains permet une meilleure représentation de ce monde
post-apocalypse. De même, voilà le tome 4 terminé que l'on se rend compte avec dépit que nous n'avons suivi que Salicande, si bien qu'on comprend que Blanc-Faucon et Ellel ne sont toujours pas
parti, tant il semble que le récit ne veuille pas voir leur départ. Pire encore, les jumeaux Jad et Claris ne sont finalement plus les personnages principaux des Éveilleurs, incarnés en des
personnages demeurés à Salicande. Et même si le Tome 5 se concentrera au contraire sur eux, nous ne verrons qu'en eux que deux personnages qui sont loin de la véritable histoire, une sorte
d'histoire dérivée.

Enfin arrive le point le plus négatif de mon commentaire, car je vais faire «mon crétin de Lep» (dont après moult discussions, s'est révélé justement moins crétin qu'il n'en a l'air). Tous les
trois rôlistes, nous ne nous visualisons pas dans un moule machiste, fort, dominateur des Hommes, mais plutôt dans un caractère élégant, posé, imaginatif. Particulièrement porté sur l'équité, le
premier tome nous a immédiatement plu sur la répartition des personnages. Mais voilà que la tragédie arrive. Le drame masculin, la mort d'Ében et de Dag. S'en suit une représentation féministe
assez particulière en face d'un mépris du sexe masculin, malheureusement si peu rattrapée par quelques cas particuliers. Nous visualisons des femmes qui montrent rarement des défauts, versés dans
la bonté (hormis justement celles qui tiennent des établissements, comme si ces dernières prenaient ironiquement le rôle d'un homme), qui se lient entre elles facilement d'une amitié tenace malgré
des personnalités différentes, et enfin se défont d'obstacles privés si aisément que cela en devient parfois presque improbable.
D'un autre côté, les figures masculines restantes suivent un schéma violent et trompeur, alors que les personnages masculins principaux (Blaise, Ugh, Siffle-Court, Sem) sont bien plus en difficulté
émotionnelle et on suit une progression plus réaliste qu'avec le commun des femmes. Bémol toutefois en ce qui concerne Blaise, dont les deux attitudes Mage (curieux, volonté de bien faire) /
Ex-amant de Chandra (pervers et jaloux) sont tellement disparates qu'il aurait peut-être fallu deux personnages au lieu d'un seul. Sont présentés au Conseil deux hommes que l'on résume en quelques
paragraphes à : orgueilleux et pervers. Ne reste que Lep qui a le courage de ses convictions, sait rester ferme sur ses appuis et ses idées, se base sur les faits du passé qui ont fait leur preuve
pour assurer la sécurité de son village, auquel il ne cherche pas à plaire mais à le protéger.
Par contre, nous sommes heureux d'avoir une idée de nouveaux personnages, de leurs noms, de leurs fonctions. Si Salicande compte plus d'une centaine d'habitants, leur histoire aurait eu du mal à se
résumer qu'à une petite dizaine.

Il n'empêche que je me fais un peu l'avocat du diable, puisque je me dois honnêtement de refléter l'ensemble des trois avis communs que nous avions, et présenter les points sur lesquels nous sommes
tombés d'accord.

Et pour finir sur une note positive, je vous félicite pour le personnage de Merlin. Si son nom et ses aptitudes sont miraculeusement liées, la manière dont il décrit son monde, les mots qu'il
utilise (son Autrelui), sont absolument fascinants et mérite le respect.

Bien à vous,
Patrick Baudvin.

PS : Excusez de ma maladresse précédente. J'en ai profité pour corriger quelques fautes d'orthographe.

Pauline Alphen 03/02/2015 23:13

Bonjour Patrick, merci pour ton mail, long et riche d'observations intéressantes. C'est génial, pour moi, de vous imaginer lisant ces livres en un marathon de 48h, collectivement, ouaou, merci pour ça.
Sinon...
Je ne ralentis pas l'action. Pour moi, l'action, dans ce roman, c'est ça et c'est comme ça. J'écris ce que je veux écrire comme il me paraît juste de le faire pour servir cette histoire et ces personnages. Mon 'action' ne correspond pas toujours à ce que le lecteur nomme "action". Elle peut ne pas lui convenir. Je le comprends parfaitement. Mais "simulacre"? .
Ce que tu appelles "flegme descriptif' est tout simplement mon écriture. Alors, que te dire?
Quant aux rappels, ils sont là pour donner des informations nécessaires aux lecteurs puisque plusieurs mois séparent les volumes. Et, oui, je m'octroie généreusement le droit de "me" copier/coller quelques paragraphes sur des centaines de pages.
L'histoire des Eveilleurs est écrite exactement comme je désire qu'elle le soit. Je ne ralentis rien, ne fait rien durer. Ce sont des options que j'exerce en tant qu'auteur. Si le récit ne correspond pas à ce que tu imagines qu'il devrait être, ce que tu aimerait que soit "la véritable histoire", eh bien soit. Il s'agit là de ta lecture. Je trouve assez étrange, en revanche, que tu me reproches de ne pas écrire mon histoire autrement. C'est quand même... eh bien, mon histoire !
Et alors, franchement, le "mépris du sexe masculin"???? Je me demande pourquoi on confond si souvent féminisme et mépris des hommes.
Avec tout mon respect et sans mépris aucun, je te souhaite une bonne année !
P.A.

Patrick Baudvin 03/08/2014 20:00

« Ramsk soit maudit ! Je croyais que Soma avait

inventé cette phrase. Ce n'est donc qu'une citation

? Une phrase volée à un vieux bouquin de fantasy ?»
Les Éveilleurs, tome 4, chapitre 5, Coût et

bénéfice.

Bonjour Pauline !
Je viens de terminer le tome 4 des Éveilleurs, et à

ce titre j'ai tenté une expérience intéressante.

Profitant d'un isolement de toute technologie en

compagnie d'amis d'enfance, je les ais invités pour

se détendre à lire eux aussi les 4 tomes que j'avais

emporté des Éveilleurs, ne partageant avec moi la

même impression de départ que j'avais eu lors de

l'acquisition du 1er tome : ce titre si intriguant,

remémorant en nous des histoires rôlistiques que

nous avions d'Awakens, çàd d'Éveillés. Ainsi, nous

avons pu partager notre expérience : moi avec la

patience d'avoir eu plusieurs mois entre chaque

nouveau tome, eux ayant eu l'occasion de les lire

les uns à la suite des autres.

En premier lieu, ils les ont dévoré tout cru. De

l'aube au crépuscule, à chaque instant d'hésitation,

les Éveilleurs et la quête de lecture dont nous

participions en trio les ont plongé en une vraie

transe, une méditation, un voyage. Page après page,

chapitre après chapitre, tome après tome, alors que

je les connaissais lecteurs réticents (et plutôt

amateurs de comics, mangas et BDs), nous avions

terminé notre expérience en moins de 48 heures. Il

m'a donc paru intéressant de vous faire part des

remarques qui en sont ressorties.

L'univers est fantastique. Un post-apocalysme avec

un retour aux sources pour les régions isolées et

une adaptation au manque de technologie pour les

Terres plus ouvertes, avec ce mélange de magie et de

science ésotérique, voilà qui les a ravi. Par

contre, il ressort de vos livres une impression de

vive critique des technologies dans leurs aspects

les plus négatifs, dans l'addiction, l'isolement, la

servitude. Bien que pour ma part plutôt correcte,

j'ai été forcé de constater et d'admettre que la

technologie des Temps d'Avant n'était pas présentée

dans tout leur potentiel positif malgré les efforts

de Blaise. Au contraire, les Empathes présentent

désormais de nouvelles options de partage mental

fort similaires aux avancées technologiques telle

que la Totalvision.

Le récit ne semble être qu'un simulâcre d'actions,

qui ne se dévoilent que par petites pincées dans un

océan de flegme descriptif. Si bien qu'on a

l'impression que vous vous étendez, ralentissez,

rallongez le scénario. Et c'est bien normal, puisque

comme l'annonçait Blaise que j'ai ironiquement cité

en début de ce commentaire, les citations et les

répétitions se repèrent, même avec une mémoire vive

défaillante. Un copier/collé faussement déguisé

derrière quelques rajouts ou suppressions de

quelques mots, de plusieurs passages clés du récit

(comme par exemple les SilentArms ou bien la tour du

château de Salicande) paraissent bien inutiles,

puisque s'ils sont là pour rappeler le lecteur,

chaque tome dispose en ses dernières pages d'un

lexique de plus en plus fourni sur les éléments

importants (riche idée qui n'est donc pas

complètement exploitée). Toutefois se servir

d'éléments culturels contemporains permet une

meilleure représentation de ce monde post-

apocalypse. De même, voilà le tome 4 terminé que

l'on se rend compte avec dépit que nous n'avons

suivi que Salicande, si bien qu'on comprend que

Blanc-Faucon et Ellel ne sont toujours pas parti,

tant il semble que le récit ne veuille pas voir leur

départ. Pire encore, les jumeaux Jad et Claris ne

sont finalement plus les personnages principaux des

Éveilleurs, incarnés en des personnages demeurés à

Salicande. Et même si le Tome 5 se concentrera au

contraire sur eux, nous ne verrons qu'en eux que

deux personnages qui sont loins de la véritable

histoire, une sorte d'histoire dérivée.

Enfin arrive le point le plus négatif de mon

commentaire, car je vais faire «mon crétin de Lep»

(dont après moults discussions, s'est révéle

justement moins crétin qu'il n'en a l'air). Tous les

trois rôlistes, nous ne nous visualisons pas dans un

moule machiste, fort, dominateur des Hommes, mais

plutôt dans un caractère élégant, posé, imaginatif.

Particulièrement porté sur l'équité, le premier tome

nous a immédiatement plu sur la répartition des

personnages. Mais voilà que la tragédie arrive. Le

drame masculin, la mort d'Ében et de Dag. S'en suit

une réprésentation féministe assez particulière en

façe d'un mépris du sexe masculin, malheureusement

si peu rattrapée par quelques cas particuliers. Nous

visualisons des femmes qui montrent rarement des

défauts, versés dans la bonté (hormis justement

celles qui tiennent des établissements, comme si ces

dernières prenaient ironiquement le rôle d'un

homme), qui se lient entre elles facilement d'une

amitié tenaçe malgré des personnalités différentes,

et enfin se défaient d'obstacles privés si aisément

que cela en devient parfois presque improbable.
D'un autre côté, les figures masculines restantes

suivent un schéma violent et trompeur, alors que les

personnages masculins principaux (Blaise, Ugh,

Siffle-Court, Sem) sont bien plus en difficulté

émotionnelle et on suit une progression plus

réaliste qu'avec le commun des femmes. Bémol

toutefois en ce qui concerne Blaise, dont les deux

attitudes Mage (curieux, volonté de bien faire) /

Ex-amant de Chandra (pervers et jaloux) sont

tellement disparates qu'il aurait peut-être fallu

deux personnages au lieu d'un seul. Sont présentés au Conseil deux hommes que l'on résume en quelques paragraphes à : orgueilleux et pervers. Ne reste que Lep qui a le courage de ses convictions,
sait rester ferme sur ses appuis et ses idées, se base sur les faits du passé qui ont fait leur preuve pour assurer la sécurité de son village, auquel il ne cherche pas à plaire mais à le
protéger.
Par contre, nous sommes heureux d'avoir une idée de nouveaux personnages, de leurs noms, de leurs fonctions. Si Salicande compte plus d'une centaine d'habitants, leur histoire aurait eu du mal à se
résumer qu'à une petite dizaine.

Il n'empêche que je me fais un peu l'avocat du

diable, puisque je me dois hônnetement de refléter

l'ensemble des trois avis communs que nous avions,

et présenter les points sur lesquels nous sommes

tombés d'accord.

Et pour finir sur une note positive, je vous

félicite pour le personnage de Merlin. Si son nom et ses aptitudes sont miraculeusement liées, la manière dont il décrit son monde, les mots qu'il utilise (son Autrelui), sont absolument fascinants
et mérite le respect.

Bien à vous,
Patrick Baudvin.

Mypianocanta 09/05/2014 17:51

Coucou Pauline,
quel beau texte pour présenter un livre juste magnifique : j'ai beaucoup souri, versé quelques larmes, eut la gorge nouée à la lecture mais ce n'était que du bonheur.

Tu m'as dit que tu m'attendais pour cet Odalisque alors voilà : http://terraromantica.canalblog.com/archives/2014/04/21/29655432.html et je peux affirmer sans crainte que j'ai adoré :)

Bises et à bientôt
Myriam

Pauline Alphen 03/02/2015 23:14

MERCI ! ! !